21/10/2015

Satisfaction genevoise, consternation helvétique

La campagne pour le Conseil national est terminée depuis trois jours. Bilan contrasté : plutôt bon à Genève, catastrophique sur le plan suisse.

A Genève, le parti socialiste garde son troisième siège. Les électeurs et électrices ont voulu y placer une femme et c’est très bien ainsi. D’abord, parce que la représentation féminine dans la délégation genevoise à Berne se maintient. Ensuite, parce que Laurence Fehlmann Rielle, intelligente, loyale, dotée de grandes qualités humaines, saura prendre dignement la suite de Maria Bernasconi. Par rapport à 2011, l’extrême droite ne progresse pas et la gauche dans son ensemble résiste assez bien, malgré la perte d’un siège trop difficile à retenir. Pour le Conseil des Etats, le duo de gauche est en tête. Pour le dire avec modestie : cela aurait pu être pire.

Mon résultat personnel est honorable, mais l’essentiel est d’avoir contribué à l’effort collectif qui a permis aux socialistes de conserver trois mandats. J’ai vécu une expérience politiquement passionnante et très riche sur le plan humain, avec de très belles rencontres. Je remercie chaleureusement les électeurs qui m’ont apporté leur voix, mes soutiens fidèles et enthousiastes pendant la campagne, mes camarades de la liste socialiste pour l’ambiance toujours amicale qui a régné entre nous, ainsi que l’équipe des pros du PS pour son travail admirable. Je ne retiens que du positif de cette aventure.

Le blues vient de l’issue de l’élection sur le plan suisse. Je me suis engagé pour une Suisse plus juste, plus solidaire et plus ouverte. C’est la Suisse du repli, des inégalités revendiquées et du darwinisme social qui a gagné. Il paraît que l’UDC aurait montré cette année un visage plus modéré. Vraiment ? On peine à discerner cette modération dans le dénigrement des personnes naturalisées, dans la volonté de dénoncer la convention européenne des droits de l’homme ou dans la proposition de suspendre le droit d’asile. L’idéologie de haine et de mépris de l’UDC, ainsi que son déni des réalités géographiques et économiques, sont incroyablement dangereux pour notre pays. Comme le sont, pour l’Europe et pour la paix, les idées de ses cousins français, autrichiens et autres. Endiguer, puis réduire la force de l’extrême-droite sera l’enjeu majeur en Suisse et en Europe dans les prochaines années. Cela demandera clarté et persévérance à celles et ceux qui adhèrent aux idéaux républicains et humanistes. Et, pour la gauche, soit dit en passant, cela impliquera une réflexion critique sur sa stratégie et ses priorités.

Un rappel pour conclure : il reste le deuxième tour de l’élection au Conseil des Etats. Pour assurer un certain contrepoids à la nouvelle majorité de droite dure du Conseil national, il est essentiel de faire réélire Liliane Maury Pasquier et Robert Cramer à la Chambre haute.

Commentaires

C'est assez fort de dire que l'UDC est un danger pour la Suisse, venant d'une extrême gauche qui a ruinée tous les pays dans lesquels elle est arrivée au pouvoir...

Écrit par : Le bobo | 22/10/2015

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