10/07/2010

De retour !

 

Enfin quelques jours de calme après une année académique et politique très remplie. Et du coup, l'envie de reprendre le blog. Créé pour l'élection à l'Assemblée constituante, il est resté muet depuis lors. Alors un petit bilan en guise de reprise.

Le vote sur le principe de la révision totale de notre constitution avait été un triomphe, un peu en trompe-l'oeil à vrai dire, car d'autre sujets avaient dopé la participation. L'élection à l'Assemblée m'avait donné une satisfaction personnelle, sérieusement tempérée par la déception de voir si peu de femmes et de jeunes élus et l'inquiétude, déjà, résultant du poids des groupes conservateurs. La mise en place de la Constituante, sous le regard indifférent du Conseil d'Etat, avait soudé les membres de l'Assemblée. Le travail en commission s'était globalement bien passé. Au début de ce printemps, l'optimisme, certes prudent, était donc de rigueur. Puis est venu le coup de force de la droite sur les droits fondamentaux. Inacceptable dans la forme, mais incendiaire aussi sur le fond : si les choses restent en l'état, Genève pourrait être le premier canton (le premier Etat démocratique ?) à connaître un recul des droits fondamentaux à l'occasion de la révision de sa constitution. Cette crise a laissé des traces. La prudence a aujourd'hui pris le pas sur l'optimisme.

Depuis, les choses vont un peu mieux. Sur les droits politiques, quelques progrès ont été obtenus par la "gauche élargie" : l'éligibilité des étrangers en matière communale (avec l'appui du PDC et celui, plus mou, des radicaux, qui acceptaient de durcir la condition du délai de résidence y compris pour le droit de vote, déjà acquis aujourd'hui), la diminution du nombre des signatures pour le référendum et l'initiative législative (avec l'appui de l'UDC et du MCG, mais avec l'opposition farouche de l'Entente, qui voulait au contraire augmenter massivement ce nombre). Sur le référendum obligatoire en matière de logement, un bon compromis avait été trouvé en commission, mais la droite l'a fragilisé par un amendement inutile.

Un bilan en demi-teinte donc. Rien n'est encore perdu. Il faut être patient. Travailler avec persévérance à des compromis constructifs. La pause d'été devrait y être propice. Mais il faut aussi envisager sereinement l'échec s'il n'est pas possible de revenir sur des décisions, en matière d'égalité ou de logement par exemple, qui sont des provocations pour les élus et les électeurs progressistes.

 

 

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